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INNOV'ACTION : soja auto-consommé et lavande du Quercy

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La Chambre d’Agriculture avait décidé cette année de mettre deux initiatives originales en lumière lors de ces journées Innov’action 2019. Le soja toasté grâce au matériel acquis par la coopérative valcausse et la relance de la lavande du Quercy pour créer une nouvelle filière de production porteuse d’avenir.

Le soja présente un grand intérêt pour son apport protéique dans les rations des animaux d’élevage, notamment des canards. En vallée de la Dordogne, à Meyronne, Alain Delcayre élève des canards et a monté une fabrique d’aliments à la ferme. Il était néanmoins contraint d’acheter son soja à l’extérieur car la graine n’est pas consommable directement , contenant des toxines. Il s’est donc mobilisé avec quelques collègues sur l’opportunité d’investir en coopérative sur un toasteur, ce qu’a réalisé la coopérative Valcausse en 2018.

GRAINES TOASTÉES

Le procédé consiste à chauffer les graines à cœur quelques secondes à 180 degrés en les faisant passer par un brûleur qui monte à 250 degrés et détruit les toxines. Le coût est de 60 € la tonne. Alain Delcayre témoigne « je suis attaché à la haute qualité de ma production qui porte l’image du foie gras et de la région. Aujourd’hui, les consommateurs sont devenus très regardants sur l’origine des ingrédients et les méthodes d’élevage de nos animaux. Je voulais donc cultiver moi-même la totalité de leur alimentation. Je me suis lancé dans la culture du soja que je fait toaster à la coopérative. Il me permet d’avoir des rations beaucoup plus efficaces pour les canards. Mon objectif est d’en cultiver 4 ha pour être entièrement autonome. La ration me revient moins cher tout en garantissant sa qualité non OGM, et c’est un plus pour ma production... »

La culture du soja n’est pas particulièrement compliquée mais passe néanmoins par quelques contraintes. La première est l’irrigation sachant que le soja nécessite moins d’eau que le maïs. Alain Delcayre a juste réalisé deux tours d’eau durant cet été pourtant très sec. La deuxième est le désherbage avec la difficulté de réaliser un binage et le nombre de désherbants très limité. Il est satisfait des rendements qui peuvent encore être améliorés.

La coopérative utilise aussi ce toasteur pour préparer les graines de protéagineux qui entrent dans la composition d’aliments complets ou spécialisés pour animaux ( Vaches laitières, aliments bio…).

Alain Delcayre a fait visiter sa culture de soja qui est récoltée en octobre    La coopérative Valcausse a investi dans un toasteur qui passe de 800 à 1500 kgs de graines à l’heure : soja mais aussi lupin, pois ou féveroles.

RELANCE DE LA LAVANDE

La deuxième journée se tenait sur la ferme des Alix à Rocamadour où Rachel et Jean Marc Soulayrès ont relancé la culture de lavande et installé une distillerie pour extraire les principes actifs et élaborer toute une gamme de produits à la lavande du Quercy. Ils rappelaient que notre terroir était un gros producteur de lavande de qualité durant tout le vingtième siècle avant sa disparition dans les années 1980. Aujourd’hui, le marché de la cosmétique naturelle et des compléments alimentaires est très demandeur de lavande française de qualité. Une nouvelle opportunité qui n’a pas échappé à la Chambre d’Agriculture. Celle-ci travaille donc activement depuis trois ans à relancer les cultures de PPAM (Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales). Elle a organisé des réunions de sensibilisation et des formations techniques qui ont attiré de nombreux agriculteurs intéressés. Cet engouement s’est déjà concrétisé par plusieurs projets de plantation aux quatre coins du département. Cette filière renaissante les a conduit à constituer en début d’année l’association Quercy PPAM afin de se fédérer pour mieux échanger leurs expériences, continuer à se former et négocier des équipements en commun.

UN TERROIR PROPICE

Le Quercy présente des caractéristiques de sol et de climat particulièrement propices à la culture d’une lavande de qualité. Jean Marc Soulayrès précisait « J’ai déjà planté 10 ha depuis cinq ans et compte monter à 20 ha sur des parcelles de causse très calcaires et pierreuses. c’est une plante facile à cultiver avec néanmoins deux points délicats. Le premier est le choix de plants saints indemnes de dépérissement, une maladie qui fait des ravages en Provence ! Je conseille donc d’être très vigilant et de se fournir uniquement auprès des pépiniéristes agréés «filière plants saints ». Le deuxième point est le désherbage. Etant en bio, je n’ai droit qu’au binage mécanique ou manuel qui peut vite devenir très fastidieux. Il faut donc prévenir et sarcler au maximum en amont afin de ne pas se laisser déborder par les mauvaises herbes, ensuite j’y met les brebis pour l’entretien estival... »

Sur le plan commercial, les producteurs ont plusieurs options, la transformation locale pour vente directe, la vente de l’huile essentielle aux acheteurs de la filière… A chacun sa stratégie…

    Jean Marc Soulayrès a planté 10 ha de lavande et expliqué les caractéristiques de cette culture