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Pyrale du buis : des moyens de lutte respectueux de l'environnement

Depuis plusieurs saisons, les chenilles du papillon Pyrale du buis dévorent inexorablement cet arbuste magnifique qui signe les paysages du Quercy. Originaire d’Asie et n’ayant aucun prédateur naturel ici, elle cause de gros ravages. Pour stopper son activité, il convient de bien connaître ce papillon afin de le détruire au bon moment. Voici tout ce que vous devez savoir avec les conseils d’un spécialiste de la société de lutte biologique : M2i biocontrol.

 

 

Olivier GUERRET, président fondateur de la société lotoise M2i biocontrol, a organisé cet hiver une série de réunions locales pour expliquer la biologie de la pyrale du buis et les moyens de lutte les plus efficaces. Nos magnifiques buis ne sont pas forcément condamnés et méritent d’être sauvés. Cet arbuste possède des capacités de résistance importantes. Même entièrement défolié, il peut repartir la saison suivante en reformant des pousses. Toutefois, si ses feuilles sont encore mangées et s’il subit un stress supplémentaire comme une sécheresse, il peut alors périr définitivement. Il faut donc lui éviter cette deuxième attaque en éradiquant la pyrale aux deux stades, chenille et papillon.

Heureusement, il existe aujourd’hui des moyens de lutte biologiques appropriés et sans dégâts sur l’environnement.

BIOLOGIE DE LA PYRALE

Ce papillon fait partie d’une famille bien connue des cultivateurs de maïs, les pyrales, ravageurs redoutables qui nécessitent des traitements quasi systématiques en France depuis des décennies.

La pyrale du buis présente la particularité d’être totalement inféodée à cet arbuste car il sécrète une toxine puissante qui le rend impropre aux autres chenilles. Seule cette pyrale a réussi à s’y adapter et y pond ses œufs donnant naissance à ses chenilles vertes et noires qui consomment exclusivement les feuilles du buis. Se chargeant en toxines, elles deviennent inconsommables par les oiseaux ou autres prédateurs qui les laissent donc tranquilles.

Il faut savoir que le papillon de cette pyrale vit entre 12 et 20 jours. Il vole le jour sur différents végétaux pour se nourrir puis passe la nuit dans le buis où il se reproduit. Il est très attiré par la lumière des lampadaires et a tendance à se regrouper autour des éclairages de places ou autres lieux publics. Ce sont des lieux à traiter en priorité ou alors éteindre tout éclairage.

Durand l’hiver, les chenilles se constituent un cocon de feuilles et de soie blanche pour supporter le froid puis elles ressortent dès les premiers beaux jours, souvent en mars, pour recommencer à manger. Elles grossissent puis entrent dans une phase de nymphe qui va durer un mois avant de donner naissance au papillon.

LUTTE BIOLOGIQUE EFFICACE

La lutte biologique la plus efficace s’appuie sur deux recommandations : traiter au bon moment c’est à dire au bon stade de développement de la pyrale et positionner correctement le produit. Il existe pour cela deux formulations différentes qui se complètent.

  • la chenille sera détruite par l’application de Bacille de Thuringe (BtK), une bactérie qui doit être pulvérisée sur les feuilles et les tiges du buis en prenant soin de bien atteindre l’intérieur des buis en profondeur. Ce traitement qui s’achète en jardinerie a une durée de vie de 15 jours puis il faut recommencer s’il reste des chenilles. L’idéal est de traiter quand les chenilles sont encore petites. Il faut donc bien observer leur activité qui commence ici dès le début du mois de mars !
  • le papillon peut être détruit par confusion sexuelle grâce à une phéromone mise au point par M2i biocontrol. Une phéromone est une molécule olfactive qu’utilise un insecte femelle pour attirer le mâle. On doit positionner les pièges à phéromone de manière à attirer les mâles qui sont leurrés et stopper ainsi leur reproduction. Attention, cette phéromone n’agit que sur quelques mètres et il faut donc mettre les pièges dans les buis ou juste à côté. Ne jamais mettre d’eau dans ces pièges ! Sur notre région, les premiers vols de papillon apparaissent à partir de la mi mai. On doit également se servir de ces pièges pour mesurer le palier d’infestation. Au dessus de 10 papillons capturés par piège par semaine, il faut traiter les buis au bacille de Thuringe 8 jours après car les chenilles sont nées.

Ces traitements représentant un coût d’achat certain, on peut se servir de ces pièges pour détecter le niveau d’infestation sur les buis que l’on souhaite absolument sauver, par exemple autour des maisons ou dans les parcs. Après avoir identifié le nombre de papillons capturés, on peut alors traiter uniquement ces buis là.

Enfin, la société M2i développe également un nouveau moyen de diffusion de phéromone par aérosol avec application tous les un ou deux mètres. Le produit a une durée de vie de trois mois et présente donc l’avantage d’être persistant plus longtemps.


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