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INNOV'ACTION Conservation des Sols et autonomie alimentaire

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La Chambre d’Agriculture avait décidé de mettre cette année en lumière deux thématiques fortes de la mutation agricole actuelle. L’agriculture de conservation des sols et l’autonomie alimentaire du troupeau par fabrique d’aliment à la ferme. Deux journées bien suivies par les exploitants et les techniciens qui ont pu mesurer l’intérêt majeur de tendre vers des exploitations plus autonomes et moins dépendantes des intrants.

SEMIS DIRECT ET PÂTURAGE TOURNANT

Michel DELMAS, éleveur ovin en plein causse à Cressensac, a remis toutes ses méthodes culturales en cause en arrêtant le labour et le travail du sol « je voulais que mes pratiques aient moins d’impact sur l’environnement tout en diminuant les intrants. Je me suis orienté vers le semis direct, la couverture permanente du sol et une rotation diversifiée afin de renforcer le potentiel vivant de mon sol. C’est une véritable révolution d’abord dans la tête. Avant, je travaillais en force : labour, cassage des pierres, épandages d’engrais à grands renforts de matériels lourds et de carburant. J’ai compris qu’il fallait tout changer, renforcer la matière vivante de mes terres séchantes, bref travailler avec la nature et non contre elle. La transition n’est pas facile mais les résultats sont là, je passe beaucoup moins d’heures sur le tracteur, je consomme deux fois moins de gasoil et je n’achète quasiment plus de concentré pour mes brebis. Je fais agneler et allaiter dehors au printemps avec un pâturage tournant intensif sur mes prairies de mélange à base de légumineuses et de méteils en couvert... »

Michel DELMAS,croît fermement à cette nouvelle approche qui lui apporte des marges de progrès économiques réelles tout en assurant la pérennité de sols vivants et foisonnants de biodiversité. Il a participé en 2016 à la création de l’association lotoise CLACSOL porteuse de cette révolution agronomique « nous sommes en réflexion permanente, à l’écoute des réalisations de toute la France, pour continuer à perfectionner le modèle car il y a encore beaucoup à apprendre et à expérimenter, nous accueillons tous les agriculteurs curieux de découvrir cette nouvelle approche ... »

Les présidents des Chambres d’Agriculture départementale et régionale, Christophe CANAL et Denis CARRETIER, présents à Cressensac, ont salué l’initiative en rappelant que ces journées Innov’action sont justement destinées à promouvoir ce type de réflexion venant du terrain et pouvant servir d’exemple à tous les autres agriculteurs « l’innovation est aujourd’hui vitale pour adapter nos modèles agricoles aux nouvelles contraintes environnementales et sociétales. Les Chambres d’Agriculture sont là pour accompagner tous ces agriculteurs dans leurs réflexions... »

                

 

FABRIQUE D’ALIMENT A LA FERME

Sylvain CALASNIVES élève 78 limousines à Camboulit pour la production de veaux sous la mère. Il a mené une réflexion pour être plus autonome et diminuer ses achats d’aliments « je voulais valoriser mes céréales et pouvoir adapter mon aliment à la variabilité de la qualité de mes fourrages, alors j’ai décidé d’investir dans une fabrique d’aliments à la ferme. j’ai acheté des cellules à grains, un aplatisseur, un mélangeur et j’en produits environ 60 tonnes par an depuis 2010 ... ».

Il transforme ses céréales, tout l’orge et une partie du maïs, en adaptant son aliment au contexte du moment, notamment à la qualité de ses fourrages « elle fluctue inévitablement selon les conditions climatiques et je fais pratiquer des analyses qualitatives systématiques pour savoir exactement ce qu’il en est. Fabriquer l’aliment sur la ferme exige une parfaite connaissance de leur valeur pour adapter les rations... »

Cet investissement lui garantit donc une meilleure autonomie par rapport au marché et une adaptation à ses animaux « je fabrique un aliment pour les vaches en lactation hiver, un autre pour les génisses en hiver et un dernier pour l’engraissement des vaches. Ils me reviennent entre 245 et 290 € la tonne contre 350 € et plus pour l’aliment du commerce, c’est donc rentable... »

Très répandue en élevage porcin, la fabrique d’aliment à la ferme l’est moins en bovin. Pourtant, même si les quantités d’aliments sont moindres, elle se justifie au regard du coût de revient. Bien entendu, il faut prévoir l’investissement de départ et ensuite un temps de travail pour assurer la fabrication de l’aliment mais elle s’avère rentable même en comptant le coût de la main d’œuvre.

                                                   


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